L'enfant d'Oradour 8.7

- Comme toi, mon gars. Je me suis caché dans une remise, au fond de ma boulangerie, quand les Boches ont défoncé la porte d'entrée. Ils ont tout détruit à coups de pied, à coups de crosse de fusil. Ils ont même mitraillé les casiers à pain. Quand ils sont repartis, j'ai attendu cinq minutes puis j'ai couru vers l'école enfantine récupérer mes enfants. Mais impossible de passer. Les nazis étaient partout en train d'expulser de force les habitants de leurs maisons.
- Mon papa n'était pas avec vous dans la boulangerie? demande Roger.
- Non, mon petit. Il devait embaucher à 16 heures.
- Mais alors...
- Rassure-toi, il a fait comme nous deux. Je le connais ton père: c'est un malin. Il s'est mis à l'abri avec toute ta famille. On les retrouvera bientôt. En attendant, faut pas rester ici! Faut quitter le bourg! Viens, on va se cacher dans la maison que je fais construire, sur la route des Bordes. Là, personne ne viendra nous chercher.
- Y a deux soldats là-bas, qui m'ont empêché de passer.
- Alors descendons vers la Glane. On prendra le deuxième sentier sur la droite. Allez, suis-moi, et quoi qu'il, arrive on ne se quitte plus.
Régis Delpeuch

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