Le temps des cerises (192)

24 mai:
Témoignage – Benoit Malon, 30 ans, ouvrier teinturier, journaliste
"On pense bien que les blessés n’avaient pas de quartier à attendre de ces mitrailleurs en bloc. Voici un fait: un capitaine se présente à l’ambulance du séminaire Saint-Sulpice et dit: "on a tiré de cette maison". Le fait était faux, mais cette façon de dire était le signal convenu pour porter le massacre dans un établissement. Le chef de l’ambulance, un jeune docteur espagnol, nommé Fano, protesta du contraire. L’officier, qui n’avait que vingt hommes, sortit. Il revint quelques instants après avec une compagnie toute entière en disant: "j’affirme qu’on a tiré de cette maison". Aussitôt les soldats se précipitent, des blessés, ceux qui étaient debout, sont adossés au mur et fusillés, au nombre de trente. Ceux qui étaient couchés, environ une trentaine aussi, sont massacrés dans les lits à coups de baïonnette ou assommés à coups de crosse. Pendant que les soldats exécutaient ponctuellement leur consigne. Le digne officier brûlait la cervelle au jeune docteur."

Identifiez-vous pour jouer

Commentaires