Le temps des cerises (179)

Témoignage – Albert Hans, volontaire versaillais
"Après une vive et courte fusillade, qui coûta cher aux insurgés, car les volontaires faisaient un feu plongeant de leurs fenêtres sur la barricade, le commandant Durieu divisa sa petite troupe en deux parts, qui s‘élancèrent parallèlement le long des murs, à la baïonnette sur l’obstacle. Il ne restait plus que quatre insurgés qui furent tués immédiatement. Les autres étaient morts ou disparus. Le commandant Durieu venait lui-même d’en abattre un, quand il voit un autre qui le couche en joue. Prompt comme l’éclair, il saisit son fusil par le canon, s’élance sur le fédéré et lui applique un si furieux coup de crosse sur la tête, que le chien de son snider reste engagé dans le crâne sans que la chute du fédéré puisse l’en faire sortir. Enfin le commandant réussit à dégager son arme en l’attirant violemment à lui en ouvrant la boîte osseuse du crâne de son adversaire .
Il y avait des ruisseaux de sang dans la rue et de nombreux cadavres d’insurgés étendus sur les pavés. On fouille les maisons, et tout homme vêtu en garde national, ayant un fusil, où le creux de la main noire de poudre, est passé par les armes. Le commandant Durieu, avec sa sauvage animation, se chargeait lui-même de l’exécution et en tua ainsi une dizaine, les jeunes seuls étaient faits prisonniers. Le commandant Durieu ne s’était jamais montré aussi surexcité. Avec sa tenue négligée, ça vareuse garibaldienne ouverte, sa barbe noire et inculte, sa peau halée et son regard cruel, il avait un air véritablement étrange et terrible."

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