Le temps des cerises (172)

Témoignage de Louise Michel, 41 ans, institutrice, membre du Comité de vigilance de Montmartre
"L’égorgement commençait en silence. Assi (Adolphe Alphonse Assi, personnalité de la Commune) allant du côté de la Muette vit dans la rue Beethoven des hommes qui, couchés à terre, semblaient dormir. La nuit étant claire, il reconnaît des fédérés et s’approche pour les éveil­ler, son cheval glisse dans une mare de sang. Les dormeurs étaient des morts, tout un poste égorgé.
L’Officiel de Versailles n’avait-il pas donné la marche pour la tuerie, on s’en souvient.
Pas de prisonniers! Si dans le tas il se trouve un honnête homme réellement entraîné de force, vous le verrez bien; dans ce monde-là, un honnête homme se distingue par son au­réole; accordez aux braves soldats la liberté de venger leurs camarades en faisant sur le théâtre et dans la rage même de l’action ce que le lendemain ils ne voudraient pas faire de sang-froid.
Tout était là. On persuada les soldats qu’ils avaient à venger leurs camarades; à ceux qui arrivaient délivrés de la captivité de Prusse, on disait que la Commune s’entendait avec les Prussiens et les crédules s’abreuvèrent de sang dans leur rage."

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