Le temps des cerises (227) Fin

Alors que la défaite de Sedan venait de se produire, quelques catholiques aisés considéraient que c'était une punition divine pour la France suite à un siècle de déchéance morale (depuis la révolution de 1789). Ils se réunirent pour projeter la construction d'une basilique consacrée au sacré coeur de Jésus (projet déjà envisagé sous Louis XIV, puis abandonné).
Avec une assemblée majoritairement royaliste, et un nouveau président de la république très catholique (Mac-Mahon, le bourreau de la Commune) on déclara ce projet d'utilité publique en 1873. Il restait à décider où le construire...
La décision de construire cette nouvelle basilique au sommet de Montmartre, là même où la révolte avait commencé, fut considérée comme une insulte par les sympathisants de la Commune.
Pendant toute la durée du chantier, de nombreux opposants se firent entendre, avec à leur tête Georges Clémenceau. Le chantier s'éternisa. En 1905, avec la loi de séparation des églises et de l'état, ses opposants espérèrent un moment parvenir à stopper ce chantier... En vain.
Finalement, la basilique du Sacré-Coeur sera inaugurée en 1919, au lendemain d'un guerre effroyable, période pendant laquelle on préféra mettre en avant la réconciliation nationale...

Ainsi, cette bouse à l'esthétique d'une pâtisserie bavaroise, dont la construction était indépendante des événements de la Commune, devint un symbole de l'écrasement brutal de cette révolution.

C'est ainsi que se termine cette éprouvante série...
A bientôt pour de nouvelle aventures, en d'autres lieux, et à une autre époque. :)

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Comments

  • Oups, une petite fausse manœuvre dans l'ordre de publication...
    February 27, 2026, 1:50 pm
  • Ca n'a rien changé à la qualité des deux derniers hanjies de cette série!
    Merci
    February 27, 2026, 3:10 pm
  • Magnifique hanjie ! ! ! et magnifique série ! ! ! Chapeau bas.
    February 27, 2026, 3:33 pm
  • Evidemment, les remerciements vont pleuvoir, et ils sont plus que mérités. Tu es un grand maître du hanjie et un historien très éclairé.
    J'ai détesté l'histoire et la géographie enfant/ado, parce que mal enseignées et parce que j'étais puéril.
    Ce récit de la Commune, dont j'ignorais à peu près tout, était passionnant.
    Si l'histoire était enseignée ainsi, avec les images qui vont bien en plus, je pense que davantage d'enfants se prendraient au jeu.
    Car cette culture est essentielle pour comprendre le monde dans lequel on vit.
    Merci Petitpierre.
    February 27, 2026, 4:19 pm
  • Merci
    February 27, 2026, 6:09 pm
  • Magnifique et très difficile, comme on les aime. Merci !
    February 27, 2026, 7:57 pm
  • Merci petitpierre et à bientôt !
    February 27, 2026, 8:59 pm
  • Good, but tough.
    February 27, 2026, 9:31 pm
  • splendide !
    February 27, 2026, 11:10 pm
  • Parfaitement Parfait !

    L'esthétique dégoulinante est très bien rendue.
    February 28, 2026, 10:20 am
  • Et comme annoncé, voici un extrait de "L'embellie" de Jean-Pierre Chabrol, où une jeune ouvrière explique, fin mai 1935, à son ami allemand ce qu'est le mur des fédérés :
    En Soixante-et-dix, vers la fin de — comme qui dirait — « l’avant-dernière guerre », les ouvriers se sont pris le pouvoir pour eux, à Paname. Et, pas de mégottage ! tout le pouvoir, et rien que pour eux ! Les premiers soviets, si tu préfères. 89, Robespierre et consorts, c’était de la gnognote à côté. Te dire si c’était fortiche, Marx, ouais, Marx ! il a pris son microscope, pour voir, et il a passé des nuits à gamberger dessus ! Tellement fortiche que les bolcheviks se sont mis à l’école ! Même que Lénine disait tout le temps à ses potes : « Si seulement on était foutu de réussir un coup comme la Commune de Paris, on s’arrangerait pour que ça dure un peu plus… « Parce que, ça a pas duré, sinon, on en serait pas là, dans cette débine… (L’émotion, soudain, assourdit sa voix :) Le temps du printemps, ça a duré, pas plus, le temps des cerises, mais bon Dieu ! on n’est pas près de l’oublier ce petit bout de temps-là ! Parce que, figure-toi, Franck, y avait un os, vu que Paname avait pris le mors aux dents, tout seul. La cambrousse, les péquenots, ils avaient pas suivi. Pendant ce temps les autres, les caïds et les capitalistes, autrement dit les 200 familles, les de La Rocque et les Chiappe de l’époque, ils se mitonnaient une formidable armée, à Versailles. Et, en avant pour la boucherie ! ils ont attaqué Paris comme si c’était la capitale d’un autre pays, une ville ennemie, quoi ! Des Français, tu te rends compte ? on n’est jamais trahi que par les siens… Les ouvriers au pouvoir, ils ont sauté sur les flingots, comme un seul homme, ils se le sont pas fait dire deux fois, et ils ont dressé les barricades, il en a l’habitude, not’sacré vieux putain d’Paname ! Et ils se sont battus, mais battus ! tous, hommes, femmes, enfants ! Ils ont tenu, rue par rue, maison par maison… Ouais, seul’ment, les aut’fumiers, tu penses, ils étaient équipés que les canons leur sortaient de partout, et ils te tiraient dans le bon populo, à bout portant, ils faisaient des cartons comme à la foire du Trône ! Ils fusillaient les prisonniers, ils achevaient les blessés. Les barricades tombaient l’une après l’autre. Les Communards les défendaient toutes, jusqu’au bout des hommes, de la force du dernier, de sa dernière goutte de sang. (Sa voix est rauque, ses yeux pleins de larmes.) Non, ça se pardonne pas, des vacheries pareilles, on a beau être bon bougre, pas vrai, Franck ? « La Semaine Sanglante » que ça s’appelle, c’est même dans les livres d’histoire, y a pas tout, mais ce nom, il y est. Les derniers, les der-des-ders, tous ceux qui pouvaient encore soulever une pétoire — une poignée de malheureux terribles ! —, ils se sont reculés jusqu’ici, jusque dans le Père Lachaise, ouais, au milieu des tombes, pour être plus vite rendus ; ils se faisaient pas d’illusions, mais fallait ! ils crevaient pour l’histoire, tu piges ? Ça a fini au corps à corps, la méchante bigorne au couteau, ça s’amusait pas. Y avait deux brigades (je sais pas combien ça fait, mais ça en fait, du monde !) deux brigades sur cette poignée de prolos ! Finalement quoi, les derniers survivants ont été poussés contre le mur, çui qu’tu vois là-bas, et on les a tous fusillés, là. Y a encore les marques. C’est le Mur des Fédérés, voilà.
    February 28, 2026, 10:26 am
  • Grand Merci teejee!
    February 28, 2026, 10:55 am
  • magnifique, merci
    February 28, 2026, 1:30 pm
  • Merci pour ce passage de l'Histoire dont je n'avais jamais saisi (ou appris) ces faits dramatiques. Bravo et merci à petitpierre . Et à teejee. Une autre façon d'apprendre.
    February 28, 2026, 4:07 pm
  • Merci encore pour cette superbe série, petitpierre et à tous les contributeurs également.
    February 28, 2026, 6:52 pm
  • Je confirme que c'était rarement évoqué pour les lycéens des années 60.
    Bien costaud ce dernier de la série !
    March 1, 2026, 4:36 pm
  • Merci !!!
    March 1, 2026, 7:56 pm