Suite de l'enquête de Camille Pelletan:
"Je voudrais pouvoir douter de ce qui suit, mais j'ai reçu, des côtés les plus divers, des témoignages concordants. Ce qui se passait derrière les portes de la caserne (Lobau), ce n'était pas une exécution, c'était une chasse. La configuration des lieux aurait rendu fort difficiles, à cause du ricochet des balles, des exécutions collectives aussi nombreuses dans des conditions ordinaires.
On ne s'amusait pas à aligner les condamnés contre le mur. Comment faire? Il y en avait parfois quarante d'une même fournée. On lâchait les prisonniers dans la cour et les exécuteurs les tiraient en quelque sorte au vol.
Tandis que les malheureux se répandaient pêle-mêle, à l'improviste, des feux de peloton éclataient, frappaient dans le tas. La plupart tombaient. Mais le hasard des balles avait épargné des victimes.
Quelques-unes, atteintes, se débattaient, se relevaient avec effort, d'autres couraient ça et là: de nouveaux coups de feu les attrapaient au bond. Tirés en hâte, la plupart, sans doute, manquaient le but. On visait mieux: à la fin, tous étaient à terre, dans le sang, les agonisants parmi les cadavres...
Tout allait pêle-mêle dans le même tombereau."
Merci petitpierre.
la 3ème République naissait les pieds dans le sang et le massacre...