Le temps des cerises (209)

Gustave Le français 45 ans, instituteur comptable:
(cloué au lit par la maladie)
"Se sentir à l’abri de la vengeance des vainqueurs est une cause de joie bien naturelle, lorsqu’on ne laisse derrière soi aucun de ses compagnons disputer encore pied à pied le terrain à l’ennemi. Malheureusement, je ne suis point dans ce cas. À 500 mètres de moi le combat dure toujours et je ne peux plus rien savoir du sort des amis que j’ai quitté. Il me semble avoir déserté mon poste et trahi mon mandat.
Le bruit de la fusillade et de l’artillerie qui tonne avec fureur me monte au cerveau et porte au paroxysme la fièvre qui me talonne depuis plus depuis huit jours.
Je délire abominablement toute la nuit. Mes braves amis ont grand peine à me tenir au lit, pris que je suis de l’idée fixe de retourner auprès de ceux qui luttent encore.
Heureusement le corps de bâtiment qu’ils occupent est assez retiré pour que mes cris et les terribles accès de toux qui m’étranglent ne puissent révéler ma présence au voisin et dénoncer le dévouement des Lavaud."
(On comprendra que les Lavaud sont les personnes qui hébergent courageusement ce communard hors d'état de continuer la lutte)

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