Le temps des cerises (173)

Témoignage de Victorine Brocher, 31 ans, ambulancière:
"Je me réveille en sursaut, j’ouvre la fenêtre, j’écoute attentivement si le signal convenu se fait entendre, le jour paraissait à peine. Ce que je voyais était bien triste, tous les fédérés battaient en retraite […] nos pauvres fédérés faisaient pitié, ils avaient l’air si malheureux, les yeux baissés, tenant les chevaux par la bride, traînant derrière eux tout leur attirail de guerre, ce qu’ils avaient pu sauver, en disant mot; le délié dura assez longtemps, ils avaient perdu leurs dernières illusions!
Paris avait été envahi sur plusieurs points à la fois.
Ces fédérés venaient d’être attaqués à un bastion de Vaugirard, qu’ils avaient dû abandonner. Ils se dirigeaient du côté de l’Hôtel de Ville. Ils savaient bien qu’ils n’avaient rien à attendre de bon désormais; à partir de cet instant, ils désiraient combattre et mourir pour fonder la république..."

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